J’ai reçu hier par courriel d’un correspondant: ‘’À quoi sert un blog?’’. J’y répondrai du point de vue personnel.
Au début de l’adolescence mes lectures favorites étaient les gros dictionnaires et les encyclopédies, tout comme enfant elles étaient Le Petit Larousse illustré. Ma mère en possédait plusieurs, des Quillet et des Larousse. J’ai conservé précieusement depuis, deux tomes. Ils étaient tout noirs, comme des immenses missels, et ils pesaient une tonne. J’avais à chaque fois l’impression de transporter et d’ouvrir les Livres de la Connaissance de Merlin l'Enchanteur, et chaque voyage était à la fois riche de savoirs et de représentations, terrains fertiles à mon imaginaire déjà très présent. Ma mère, en laissant traîner ses encyclopédies, m'a donné beaucoup d'autonomie dans mes apprentissages. Je n'aimais pas l'école parce que je trouvais les journées longues et je ne comprenais pas pourquoi apprendre servait à être évalué. Les encyclopédies étaient de bons professeurs, jamais ennuyants, puisque j'y cherchais toujours l'information pertinente du moment, donc nécessaire et utile, et elles ne m'évaluaient jamais en retour. J'avais de la difficulté comme il m’arrive encore parfois aujourd'hui à dire ce que j'avais compris. J'avais intégré la lecture. Je savais ce que j'avais acquis mais je ne savais que difficilement l'expliquer à d'autres. Le désir d’offrir ce que j’avais ingéré était très présent mais laborieusement réalisable.
Il y a deux ans on m’a répondu alors que j’expliquais à mon interlocuteur cet obstacle à la communication : L'important, c'est d'avoir compris. Lorsque vient le temps de transmettre à d'autres, si la conceptualisation formelle n'est toujours pas là, le langage poétique peut s'y substituer et souvent avec beaucoup plus d'efficacité.
Cette réponse m’a encouragée à risquer davantage l’expression de mes perceptions par le biais de mes facultés créatives. Oser le partage de mes idées, de ma culture mais en particulier oser ressentir et vivre, donc s’accomplir.
Une des principales barrières à Être fut pour moi jusqu’à très récemment la peur d’être catalogué d’anormal.
Il y a une ou deux semaines une copine me disait que j’étais atteinte de folie ordinaire. Sans même savoir à quoi elle faisait référence, j’ai senti un grand soulagement à ses dires. Ce qui m’habitait était qualifié de commun voir même de banal, alors pourquoi ne pas respirer pleinement.
Monsieur Henri Barras, à son insu, a été le catalyseur de ce désir de tenir un carnet de création sur le Web. Par ses textes et ses propos, il a agrandi encore plus cet espace que je nomme ma grande cour de récréation. Cet endroit sans code social et éducationnel où tout est permis et rien n’est interdit dans le respect absolu de l’autre.
Je ne sais pas quelle direction prendra ce blogue. Ce que je sais, c’est que ce champ virtuel est une grande toile sur laquelle je peux m’exprimer à la manière qui m’est propre.
Je fais confiance en l’expérience…en lâchant prise sur les ''qu'en dira-t-on'' et sur la performance.
Un jeu s'offre à moi, celui des sens et de l'intuition. Le jeu consiste à faire confiance en l'expérience du non-connu, d'autres le nommeront la foi.
J’aime jouer.
J’allume donc mes lumières intérieures.
dimanche 29 juillet 2007
Pourquoi un blogue
Publié par ANNICK GAUVREAU à 09:39
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