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lundi 6 août 2007

Claude, année après année, tu ne changes pas

2 juillet 2006

6h15

Hier nous sommes retournés aux États Unis échanger les pantalons de moto que j'avais achetés la semaine dernière parce qu'assise sur ma moto je n'étais pas confortable pour rouler. J'en ai pris des plus grands.
Claude m'a acheté en plus un ensemble de pluie en gortex, un nouveau manteau padé alors que le mien était encore bon, et une veste chauffante pour que je puisse le suivre jusqu'au gèle. Bref, ça a coûté beaucoup plus cher que si j'avais acheté les deux pantalons à Montréal. D'habitude je résiste comme je l'avais fait l'autre jour mais hier j'ai décidé de me laisser gâter, ce qui a ravi Claude.

Claude a parfois ses non-sens quand il s'agit de sa femme. J’aimerais vous partager un autre exemple de cette logique appliquée mais d'un tout autre ordre.

En revenant nous sommes arrêtés à un poste d'essence mettre nos ensembles de pluie parce que le ciel était d'un noir menaçant et qu'il commençait à pleuvoir. Avant de remonter sur ma selle, Claude toujours aussi galant et prévoyant avec moi, l'a nettoyée du revers de sa main.
Bien équipés de nos combinaisons nous repartons. Nous avions un pont à traverser, un orage épouvantable avait éclaté. Sur ce pont ma moto s'est mise à faire de l'aquaplane. Je voyais à peine où j'avançais. Je n'ai pas eu le temps d'avoir peur, le moment n'était pas à la peur mais à une grande concentration pour ne pas me péter la gueule. Passé le pont Claude s'arrête à un stop et me demande si tout va bien. Je lui dis que je ne vois plus rien. Comme la frontière est proche, il me dit que nous allons arrêter là bas. À la frontière il me dit de changer de lunette parce qu'il dit que ce sont mes lunettes fumées qui m'empêchent de voir et de mettre mes lunettes claires. Je lui dis que ce n'est pas ça, que la tempête était trop forte. Il me fait un air comme si je n’y comprenais rien et nous repartons immédiatement puisque cette tempête s'était terminée aussi vite qu'elle était venue. Les pancartes de signalisation de détour de l'autoroute que nous voulons prendre ont foutu le camp à terre et nous ne savons pas où nous diriger. Heureusement la moto de Claude est équipée du tout dernier gadget de navigation, le GPS.
En roulant nous voyons de gros arbres arrachés. La route est jonchée de branches et de feuilles. Des habitants sont sortis à l'extérieur pour constater les dégâts et certains ramassent déjà les grosses branches sur les routes. Et Claude, de me montrer du doigt tout ce désastre, et de son pied tout ce qui me précède sur la route pour que j'évite les branches (sa galanterie légendaire l'exigeant). Bref ce n'était pas un orage que nous avions côtoyé mais un typhon.

Arrivé à la maison j'ai dit à Claude: ''Oin, oin les lunettes''. Il me répond qu'il n'avait rien senti de tel sur le pont mais qu'effectivement nous avions dû traverser une grosse tempête.
Une grosse tempête??? J'étais comme Dorothée quand sa maison fut emportée par l'ouragan et qu'elle finit par atterrir dans le pays d'OZ.

Je lui ai dit: ''Alors pourquoi t'es-tu arrêté après le pont me demander si tout allait bien?
-Parce qu'il pleuvait beaucoup et que je voulais savoir comment se comportait ton nouvel habit de pluie.

Quel homme! Il voulait savoir si mon scaphandre tenait bon. Il est vrai que Claude tient toujours à ce qu'on ait le meilleur équipement de survie. Comment ne pas aimer un homme pareil !

7H43

Claude vient de se lever. Il me demande ce que je fais. Je lui dis que j'écris mon aventure d'hier. Il répond: ''Quelle aventure?''.

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