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samedi 4 août 2007

Le jeu de la création


Reflet-miroir d’un lac galactique
A. Gauvreau 2005
14’’ x 11’’

Je publie ici un courriel que j’ai envoyé récemment à un vis-à-vis virtuel.

Le Petit Robert définit l'inspiration comme suit: Souffle créateur qui anime les écrivains, les artistes, les chercheurs. Einstein était sans aucun doute habité par ce souffle. Il voyait un rayon de lumière et s'imaginait l'enfourcher. Il regardait le ciel et entrevoyait que l'espace-temps formait une courbe et l'utilisation du LSD n'avait rien à y voir. Plusieurs chercheurs qui ont un QI élevé n'ont jamais fait des découvertes aussi significatives. Einstein était un chercheur créatif, voilà la différence. Les étudiants à quotient intellectuel élevé sont souvent des enfants qui savent ce que les professeurs veulent d'eux et sont heureux de leurs donner. Les ''créatifs élevés'', si je peux les nommer ainsi, savent aussi bien que les autres ce que leurs demande le professeur mais à la différence des autres, ils se disent: ''Je sais ce que l'on veut de moi mais je préfère faire autre chose''. Ce qui les qualifie souvent à l'école et dans la société, que ce soit du point de vue scientifique ou artistique, de ''hors norme''. Les uns ne sont pas meilleurs que les autres, ils sont différents. J'ai moi-même enseigné au préscolaire et j'ai pu vérifier de nombreuses fois cette énoncée chez les touts-petits.

J'ai été une de ces élèves à l'école et bien que je réussissais bien, j'aurais pu faire beaucoup mieux. J'étais performante en mathématiques et en arts également. J'ai reçu une formation en arts au Cégep après avoir terminé mon secondaire en sciences. Je possédais une bonne technique également mais je m'ennuyais et je vivais un grand stress à l'école parce que j'avais le goût de faire autre chose que ce qui m'était proposée. J'ai quitté les arts pour faire autres choses.

Quand je crée, un jeu s'offre à moi, soit de suivre l'inspiration créatrice. J'écris également et le même phénomène se produit. Le jeu consiste à faire confiance en l'expérience du vide, du non-connu, d'autres le nommeront la foi. Par la suite, je vérifie la technique d'écriture ou je vérifie si l’œuvre est bien exécutée. Je ne crains pas l'effort et le travail mais je les accompagne du jeu de l'imagination, du lâcher prise sur les ''qu'en dira-t-on'' et sur la performance.

Ne dit-on pas parfois face une impression reçue d'une oeuvre d'art, l'âme de cette oeuvre. D'où vient-elle? Que représente-t-elle?

La modalité que prend l'esprit (l'âme, le souffle créateur) pour se manifester a peu d’importance pour moi. Le souffle créateur prend plusieurs formes dans les arts. Il doit manifester une variété de courants artistiques pour rejoindre et communiquer avec le plus grand nombre d'humains possibles sur cette planète avec toutes les différences de culture, de valeurs et de tempéraments. Ces différences artistiques sont la richesse de l'humanité. Je les ressens sans mode de comparaison et je me laisse séduire par celles qui me rejoignent le plus et je laisse les autres à ceux qui s'en délecteront.

Quand je me suis remise à peindre en 2002, je me suis battue beaucoup avec l'inspiration. Je dessine depuis que je suis petite avec une certaine facilité et comme je vous l'ai écrit précédemment j'ai une formation en arts plastique au CÉGEP. Des idées, des impressions, des sentiments arrivaient facilement pour alimenter ce que je voulais peintre et je les entreprenais avec mon bagage scolaire et familial (j'ai grandi dans un environnement de créateur). Dès les premiers essais, les gestes me conduisaient invariablement ailleurs, je ne pouvais faire autrement. S'agissait-il d'une quelconque formation de l'esprit? C'est possible. Bien que j'aie été au collège où la rigueur était de mise, j'ai été élevée dans un environnement familial où l'imaginaire était très encouragé.

J'étais souvent déçue en apercevant la finalité de mes oeuvres la première année. J'ai une très bonne idée de ce que les gens du milieu normalisé des arts et du public s'attendent d'un peintre qu'il soit de tendances figuratives ou abstraites ayant grandi dans un milieu où la culture sous toutes ses formes et en particuliers les arts visuels était présente et encouragée. Mais il faut croire qu'il y avait une très forte partie de moi qui désirait s'exprimer de cette manière puisqu'elle gagnait à tout coup. Je savais ce que les gens s'attendaient de moi comme peintre, je pouvais le donner techniquement mais cette partie de moi désirait faire autre chose et elle était de nature très obstinée. J'ai fini après maintes batailles par lâcher prise et la suivre inconditionnellement.

Ça m'a demandé une bonne dose de courage de m'exposer comme tel. Ce que je présentais était différent et comme vous le dîtes si bien hors du commun ou hors normes. J'avais peur des ''Que vont-ils dirent?'', de ne pas être pris au sérieux comme artiste avec mes boîtes à musique, les éléments de récupération et d'assemblage et le ludique qui en découlait souvent. Et aussi que les oeuvres passent pour étant sans grande valeur esthétique et technique. Mais dès la première exposition, j'ai été saisie par ce qui suit.

En écoutant les commentaires des visiteurs, leurs joies et leurs enthousiasmes, j'ai réalisé qu'au bout du compte ils ressentaient de très près ce que j'avais ressenti bien que je n'avais pas exécuté les oeuvres comme prévue. En exposant, le dernier maillon de la chaîne de création se manifestait, celle du partage. J'avais transmis, je-ne-sais-quoi, le vide s'était exprimé avec et au-delà de mes besoins d'expression, de mes essences, de mon vécu et de ma personnalité. Je prenais conscience de ce vide plein de riens et de tout ce qui me reliait à lui. Il y avait aux dires des visiteurs une sorte de magie qui les conduisait dans un ailleurs qui semblaient les toucher au plus au point. Ce premier vernissage fut un succès. Il y avait une joie dans l'air qui a cloué mes insécurités au sol. Parfois la partie de moi qui juge l'autre se manifeste encore et je deviens pleine de remises en questions qui me desservent la plupart de temps. C'est comme si une mini société avec toutes ses valeurs, ses normes toutes faîtes vivait en moi. Elle me critique et me juge. Alors je la calme et je la rassure, lui démontrant le non fondé de ses peurs en lui rappelant les voyages au pays imaginaire où tout est permis et rien est interdit. Puis je crée dans la joie, le plaisir et l'ouverture d'esprit du jeu avec une conviction profonde que les résultats ne m'appartiennent pas. Je fais mon travail de création de façon authentique, dans l'honnêteté d'esprit et je ne préoccupe pas autre mesure des résultats. Je fais confiance en l'expérience...

Annick Gauvreau, artiste inspirée

Animée par l'inspiration, souffle divin ou créateur

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