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Courrier via pigeon voyageur électronique

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mardi 16 octobre 2007

Un créateur parle


L’Ombre s’éveille dans la mer
A. Gauvreau 2004
8’’x 6’’1/8

J'ai eu beaucoup de pression pour signer mes oeuvres.

Au début je refusais catégoriquement de les signer, trouvant que ce griffoulli (le mien bien entendu) était peu révérencieux envers l’œuvre. Je pensais également qu'il valait mieux pour le regardeur qu’il savoure les oeuvres par les sens, qu’il consente à ressentir plutôt que les apprécier en référence à l'artiste. Mais la raison initiale de ma réticence à signer les œuvres, est que la plupart du temps j’ai le sentiment que ce n'est pas moi qui crée. Je m'explique, en autant que je peux le faire. Évidement je sais bien que c'est moi qui réalise l’œuvre mais j'ai l'impression profonde que le motif du geste part d'un je ne sais où qui m'est totalement étranger. On dit de l'inconscient : ‘’C’est ce que je sais, mais que je ne sais pas que je sais, mais qui est là et qui agit''. C'est probablement la cause. Mais ce sentiment est si fort et si présent que je l'ai nommé JE-NE-SAIS-QUOI et que je m'en suis fait un fidèle ami. Il paraît que mon imaginaire est productif aux dires de ceux qui m'entourent, il faut croire qu'ils ont raison.

Cet entêtement créait une telle insécurité autour de moi que je décidais...

Jeudi, le 21 0ctobre 2004

Le machin qui tenait debout le petit cadre ''L'ombre s'éveille dans la mer'' s'est brisé. L’humain veut que je signe, je vais signer officiellement ce soir. J'ai un grand A en bois de 6'' de haut. Je vais le peindre noir et le recouvrir de paillette. Je le collerai derrière en guise de béquille et je vais signer au stylo doré Gauvreau à côté.

Béquille, béquille humaine? Le nom est la béquille humaine? C'est l’ego? Hi! Hi! C'est rigolo comme propos.



Depuis pour ne pas ébranler le domaine des marchés de l'art, les artistes, les galeristes, les acheteurs et leur plus-value, je les signe à l'arrière. Satisfaisant du même coup mes préférences et celles de mes congénères. J'ai pu constater en vieillissant qu'il n'est pas nécessaire de perdre la tête pour avoir raison, qu'il n'est pas nécessaire à tout coup de faire valoir ses opinions, qu'on ne les perd pour autant, et qu'un peu d'humour concilie bien des batailles... d'énergie. L'énergie étant une source précieuse à protéger pour l'avenir, le mien et celui des autres, comme tous (les artistes professionels en particulier) semblent le dire depuis quelque temps.

À la prochaine

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