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Courrier via pigeon voyageur électronique

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dimanche 14 octobre 2007

État de réceptivité d'une lectrice

Cher Monsieur Barras,

je viens de lire '' De peinture et de langage ''. J'ai le réflexe d'écrire un carnet de création. Je parle de réflexe parce que ce geste naît d'une pulsion d'écrire (spontanée et affranchie). Parfois quand je suis en période de création, ce mécanisme s'installe bien malgré moi, de jour comme de nuit. À l'occasion d'exposition, je joins parfois des extraits de mes cahiers de notes à certaines oeuvres, non pas dans le but d'expliquer mais parce que je ressens que le texte est partie de l'oeuvre. Le regardeur est libre de s'y attarder. J'ai eu à quelques reprises des commentaires à l'effet que l'art ne s'explique pas. Je suis une personne sensible aux couleurs, aux formes, à l'espace, à la musique et aux mots et toutes ces sensibilités s'entremêlent sans mon accord ou mon désaccord. Je les laisse s'exprimer sans entrave.

Vous écrivez que le choix du médium est déterminant. J'en conviens et j'ai pu constater que chacun de mes sens semblent emprunter le médium qui lui convient le mieux pour exprimer sa propre nature sensuelle sans nécessité de calculs savants pour se dévoiler. Chacun d'eux, dans leur expression, offre une nouvelle entrée, un nouvel état de réceptivité aux spectateurs.

''La peinture c'est la matière et le mouvement. Elle est le contraire de la mise en forme d’idées qui exigent commentaires et explications alors que née des sensations, elle doit, sans détour, stimuler l'émotion d’abord et non la pensée exclusivement. Si l'organisation de l'œuvre découle de longues réflexions ou de calculs savants, quand bien même, elle serait contrainte par des règles précises et procédant d'un acte volontaire, elle naît de l’intervention corporelle et sensorielle d’un individu et, le sujet de l’œuvre est, d’abord et avant tout, les traces des actes que l’artiste laisse transparaître. Sorti de là, nous ne sommes plus dans le domaine de la peinture mais dans celui de l’esthétique ou de la décoration et le choix du médium est déterminant.'' H.B.

Un collectionneur m'a déjà expliqué qu'il n'est pas bon de s'éparpiller dans la forme, que les collectionneurs n'aiment pas ça et il m'a suggéré de rester dans le même créneau.

Créneau: synonyme, meurtrière. (Pas question que je suive cette voie là)

''l'artiste fut enfin autorisé, sans détour ou sans subterfuge, à créer son propre univers, à proposer sa propre vision du monde et des choses, sans référant autre que lui-même.'' H.B.
Quel cadeau inestimable!

Merci de partager vos connaissances et vos convictions et de me permettre de partager les miennes.


Au plaisir!

Annick Gauvreau
Courriel à M. Barras, 16 juillet 2007

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